Je range, je range au balai mes poussières divines, je range en aspirant tout ce dont à quoi j'ai aspiré,
je range chaque objet dans son étuit, des tuiles de mon toit aux draps de mon lit car je déconstruis tout pour tout reconstruire. Mon ménage de printemps à moi, d'automne, d'hiver, d'été.
Les cartons s'empilent, les piles s'entassent, les tas s'en tirent sans aucune casse. Je range ma vie poker qui s'effondre comme un château de cartes et moi qui croyait avoir tiré le joker. Et je range mes pensées pleines de pansements, dictionnaire d'italien et pour avoir plus de place je range mes places. Ma place d'Italie, je fais des vas et viens et termine de ranger ma fourrure d'hermine, mon tablier de boulanger et je range pour tout oublier, car si j'oublie je pourrais peut-être recommencer. Et je range mes âmes, mes amours, mes amars, mes adieux, je range ma bible, tout cela avec ma bile. Je range mes tatouages, tout ce qui bloque. Ma brasse, mon crole, toutes mes nages désormais je patoge et n'ose m'arrêter de penser que je coule. Mais je reste cool, et je range, je range mon rasoir, mes livres bien trop rasoir. Je range ma mousse à raser, je range mes dvd, mes vhs usés, mon Mac et toute les autres putains qui vont avec. Je range mon rythme, les mythes auquel je crois encore, mes torts et son marteau. Et enfin, je range mes cheveux un à un, mes yeux deux à deux, puis je me range, je me vange, je danse, je chante mon ange.
Chut! Merci J.K